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8 Heures de Suzuka : une histoire intense

8 Heures de Suzuka - 3e manche du Championnat FIM EWC 2019-2020

Des motos sur la piste

Dès la première édition en 1978, les 8 Heures de Suzuka ont été le théâtre de formidables batailles, de moments de bravoure mais aussi de drames : un cocktail qui a suscité beaucoup d'enthousiasme de la part des fans et permit à l’épreuve de bénéficier d’un énorme soutien, dans le pays et en dehors.
Suzuka Circuit, le lieu de cette course d’endurance est néanmoins surtout connu pour le Grand Prix du Japon de F1. Cependant, il faut se rappeler que les motos ont toujours été les bienvenues sur le tracé : seulement deux mois après son inauguration en septembre 1962, la première compétition moto s’y disputait. Et en novembre 1963, le circuit accueillait déjà une manche du Championnat du Monde de vitesse motos. Le Grand Prix du Japon s'y tient pendant trois ans. Il y revint de 1987 à 2003 avant de migrer vers le Twin Ring Motegi. Le circuit de Suzuka accueille toujours diverses compétitions de vitesse motos telles que des épreuves du championnat national ou des courses amateurs. Poser ses roues sur ce tracé mythique est un rêve pour beaucoup de compétiteurs.

Les 8 Heures de Suzuka et le Grand Prix moto

Tout comme les 8 Heures, le Grand Prix du Japon est également une épreuve très populaire parmi les passionnés nippons de compétitions motos. Cela va sans dire que les plus grandes différences entre ces deux disciplines restent la distance parcourue et la durée de la compétition. Pour les 8 Heures, comme son nom l’indique, les résultats seront basés sur l'ordre dans lequel les motos franchissent la ligne d’arrivée et le nombre de tours effectués pendant 8 heures. En revanche, le Grand Prix est normalement disputé pour un nombre de tours fixés avec une distance d'environ 100 km, en approximativement 45 minutes. Les motos sont également très différentes. Les motos des 8 Heures, c’est-à-dire, les machines de la Formule EWC, sont basées sur des motos de route, alors que celles de MotoGP™ sont des machines de compétition spécialement conçues pour cette discipline,  sans intervention au stand, ravitaillement ou changement de pneumatiques.
Néanmoins, de nombreux pilotes de GP, y compris des champions du Monde, ont participé aux 8 Heures de Suzuka. L’inverse est également vrai : des coureurs brillants aux 8H ont ensuite réussit une belle carrière aux 8 heures.

Des champions de GP au départ

Eddie Lawson, quadruple champion du monde de la catégorie-reine (500 cm3) (1984, 86, 88 et 89) a participé aux 8 Heures sous trois bannières : Kawasaki (1980), Yamaha (1990,1994) et Honda (1993). Il a remporté la course en 1990 avec Tadahiko Taira sur une Yamaha YZF750. Wayne Gardner a montré sa vélocité dès sa première participation aux 8 Heures en 1981 en décrochant la pole position sur une Moriwaki Monster (abandon sur chute). Deux ans plus tard, Gardner faisait ses débuts en Championnat du Monde GP500 et remportait un titre sur Honda en 1987. C’est peu de dire que l’Australien était un habitué de l’épreuve estivale japonaise : il fut 10 fois sur la grille de départ et l’emporta à 4 reprises. Michael Doohan qui s’est approprié cinq titres consécutifs au Championnat du Monde GP500 (1994 -1998), y a quant à lui participé six fois entre 1987 et 1993 avec un succès en 1991 sur Honda RVF 750 et avec son compatriote Wayne Gardner.
Kenny Roberts et Wayne Rainey, ont tous deux ont remporté trois titres consécutifs en championnat du monde GP500 (1978, 79 et 80 pour Roberts et 1990, 91 et 92 pour Rainey) et ont également disputé les 8 Heures. Roberts a décroché la pole position pour sa première participation en 1985 sur une Yamaha FZR 750. Il était en tête à 30 minutes de l’arrivée avant de rencontrer des problèmes mécaniques. Roberts a participé aux 8 Heures de l'année suivante mais n'a pas pu terminer la course. Wayne Rainey a montré de belles dispositions pour sa première participation en 1988. Après avoir signé la pole position sur une Yamaha YZF750, il l’emportait avec Kevin Magee. Rainey a participé aux 8 Heures de l'année suivante avec Magee mais ils ont dû renoncer suite à des problèmes mécaniques. Freddie Spencer, adversaire habituel de Lawson et Roberts en GP500, a également participé aux 8 Heures en 1980 et 1994. Spencer reste le seul pilote vitesse a été couronné champion du monde GP250 et GP500 la même année (1985). La star Valentino Rossi, sept fois champion du monde en catégorie-reine, a participé aux 8 Heures en 2000 et 2001. Il a remporté la course pour sa deuxième tentative avec Colin Edwards sur une Honda VTR 1000SPW.
A ce jour, Casey Stoner est le dernier Champion du Monde MotoGP™ (2007) à avoir pris le départ des 8 heures. C’était déjà en 2015.

Recordman de victoires

Toru Ukawa possède le record du plus grand nombre de victoires aux 8 Heures de Suzuka. Depuis sa première participation en 1994, il l’a remporté à cinq reprises (97, 98, 2000, 04, 05). En 2001, Ukawa faisait ses débuts en GP500. Le pilote officiel Honda remportait le Grand Prix d'Afrique du Sud en 2002 (MotoGP™) et terminait 3ème la même année. Ukawa s’est aussi illustré en remportant le championnat du Japon 250 en 1993 et 1994 et en intégrant les GP250 en 1996.

Les courses avec plus faible écart entre le vainqueur et le deuxième

Bien que les 8 heures de Suzuka soit une course d'endurance, il n'est pas rare qu’elle se déroule à un rythme digne de celui des Grands Prix. Il s’agit plus d’un sprint, disputé entre les opposants jusqu’au drapeau à damier.
Le plus faible écart relevé entre le vainqueur et le deuxième est de seulement 0,28 s et étonnamment, cela se produisit en 1982 et 1994. L’édition 1982 fut réduite à 6 heures en raison d'un typhon. Les équipes majeures, nationales et internationales, devaient pour la plupart abandonner en raison de chutes ou de problèmes techniques, laissant Shigeo Iijima et Shinji Hagiwara sur la Honda CB900F s’imposer pour la première fois. Une première pour une équipe japonaise.
En 1994, la course connu son premier drapeau rouge en raison des nombreux accrochages qui se produisaient dans le groupe de tête au virage 200R, environ 30 minutes après le départ. L’épreuve fut particulièrement serrée entre Doug Polen - Aaron Slight sur la Honda RVF/RC45 et Scott Russell - Terry Rymer sur la Kawasaki ZXR750R. L’équipe Honda devait cette fois monter sur la plus haute marche avec 0,288 seconde d'avance sur la Kawasaki.
A contrario, l’écart le plus important relevé entre le vainqueur et le deuxième est à ce jour de 4 tours. Ce fut le cas en 1978 et 2012.

Le plus grand nombre de tours parcourus

Le plus grand nombre de tours jamais enregistré a été réalisé en 2002. Daijiro Kato et Colin Edwards sur Honda VTR1000SPW l’emportaient au terme des 219 tours. Cette même année, la Honda VTR1000SPW monopolisait les trois marches du podium et pour le même nombre de tours. Ce record est toujours intact.

Une course parfaite

En 1986, une course parfaite était réalisée par la paire Wayne Gardner - Dominique Sarron. Sur la Honda RVF750, seul en piste à descendre sous la barre des 2’20 pendant les séances qualificatives, Gardner réalisait un impressionnant chrono de 2’18.923 synonyme de pole position. Le duo dominera la course de bout en bout, tenant à distance Kenny Roberts - Mike Baldwin (Yamaha FZ750), bien que toujours dans le même tour 3h après le départ. Gardner et Sarron conserveront leur position jusqu'au drapeau à damier, laissant Michael Dowson et Kevin Magee (Yamaha FZ750) à deux tours.

La moto la plus victorieuse

La machine la plus victorieuse dans l’épreuve reste la Honda CBR1000RRW avec 7 succès.
La 7e génération du modèle CBR fut commercialisée en 2004 et clairement, son développement était inspiré par l’idée de la mener en haut des podiums en utilisant les technologies les plus performantes : suspension arrière Unit Pro-Link, système d'échappement central et bien d’autres. Elle faisait ses débuts aux 8 Heures en 2004 dans les équipes officielles du constructeur. La lettre « W » que l’on trouve en fin de désignation de CBR1000RRW est l'abréviation de « works ».
Le 4 cylindres en ligne, 4 temps, double ACT et 16 soupapes, refroidi par eau, 998cm3 profite d’innovations, tel la double injection électronique PGM-DSFI. La puissance maximale de cette version de course est de plus de 195 ch. La boîte de vitesse à six rapports de type cassette permet de changer les rapports sans démonter le moteur.
Il y a eu des périodes où des équipes privées ont joué les rôles principaux pour la victoire des 8 Heures en se livrant âprement bataille, mais de leur côté les grands constructeurs japonais ont toujours eu aussi un vif intérêt pour cette compétition. Ces dernières années, les équipes officielles sont de retour en force. Preuve en est : le « Kawasaki Racing Team » est de retour depuis 2019.